[PAVE] un fossile de tapir inconnu déterré en IRAQ

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L8

liantguifm88

il y a 3 mois

c'est le c/c d'un article du national géographique du 27/11/2024

Une découverte inédite bouleverse l'histoire du tapir : un fossile en Assyrie révèle des origines insoupçonnées

Dans une région jadis dominée par les grands empires de l'Antiquité, une découverte récente pourrait bouleverser nos connaissances sur une espèce animale que l'on croyait bien documentée : le tapir. Une équipe internationale d'archéologues et de paléontologues a mis au jour un fossile remarquablement préservé dans le nord de l'actuel Irak, au sein de l'ancien territoire de l'Assyrie. Ce fossile, daté d'environ 3,2 millions d'années, pourrait réécrire l'histoire de l'évolution des tapirs, un groupe d'animaux que l'on croyait confiné à l'Amérique centrale, du Sud et à certaines zones d'Asie tropicale.

Une trouvaille inattendue

La découverte a été faite lors de fouilles menées sur le site de Dur-Kurigalzu, une ancienne capitale assyrienne connue pour ses temples et ses palais datant du IIe millénaire av. J.-C. Les équipes ne s'attendaient pas à déterrer des vestiges d'animaux datant de l'ère pliocène dans cette région historiquement et archéologiquement dense.

Lorsque nous avons commencé à excaver ce qui semblait être des fragments osseux, nous pensions à des restes de faune locale éteinte, comme des cervidés ou des bovidés, explique le Dr Leila Haroun, paléontologue au Muséum national d'histoire naturelle de Paris et co-responsable de l'expédition. Mais plus nous avancions, plus les caractéristiques morphologiques des os ressemblaient à celles d'un tapir moderne, un animal pourtant absent de cette région depuis des millions d'années.

L'analyse préliminaire des os a rapidement confirmé l'hypothèse improbable. Les membres robustes, le crâne allongé et surtout la structure dentaire très spécifique adaptée à la consommation de végétaux tendres correspondaient à un tapir ancestral.

Une espèce inconnue

Des tests isotopiques et une datation par spectrométrie de masse ont permis de situer l'âge du fossile à près de 3,2 millions d'années, soit une période bien antérieure à l'apparition des tapirs modernes. Ces derniers appartiennent à un genre évoluant principalement en Amérique depuis le Miocène tardif et qui s'est ensuite établi en Asie. Or, ce nouveau spécimen, nommé provisoirement Tapirus assyriensis, suggère une présence bien plus étendue de l'espèce ancestrale.

La morphologie du fossile présente à la fois des caractéristiques primitives et des traits évolués étonnamment proches des tapirs actuels, déclare le Dr Marcus Hildebrandt, de l'université de Tübingen. Cela pourrait indiquer que les tapirs ont suivi un chemin évolutif bien plus complexe que nous le pensions, incluant des migrations étendues vers des régions aujourd'hui improbables.

Une remise en question des théories évolutives

Cette découverte remet en cause des hypothèses de longue date sur la dispersion géographique et l'évolution des tapirs. Jusqu'à présent, les scientifiques pensaient que les premiers tapirs avaient émergé en Amérique du Nord avant de migrer vers le sud et de coloniser certaines régions d'Asie. Le fossile d'Assyrie pourrait indiquer que l'espèce avait également une distribution eurasiatique plus large.

Les conséquences de cette découverte vont au-delà de l'histoire naturelle des tapirs. Elle soulève des questions sur les écosystèmes anciens de la Mésopotamie et leur capacité à soutenir des espèces que l'on croyait réservées à d'autres continents.

Si des tapirs vivaient ici, cela signifie que la région était bien plus boisée et humide qu'on ne l'imagine pour cette époque, ajoute le Dr Haroun. Cela remet en question notre compréhension de l'évolution climatique et des paysages de la Mésopotamie.

Les mystères de Dur-Kurigalzu

Cette découverte soulève également des interrogations sur la présence d'artefacts humains près du fossile. Bien que les premiers humains modernes ne soient apparus que bien après la période de ce fossile, des outils en pierre également exhumés sur le site pourraient indiquer des couches archéologiques mélangées. Cela ouvre la possibilité d'études futures sur les interactions éventuelles entre des espèces animales disparues et les premiers hominidés de la région.

Une révolution scientifique à venir ?

Pour les chercheurs, Tapirus assyriensis pourrait n'être que la partie émergée de l'iceberg. D'autres fouilles dans la région sont déjà planifiées, avec l'espoir de découvrir des fossiles similaires ou des éléments complémentaires sur les écosystèmes anciens.

Cette découverte rappelle combien notre compréhension du passé reste partielle et sujette à des bouleversements majeurs. Le tapir, souvent considéré comme une relique vivante, pourrait bien être la clef de nouvelles révélations sur l'évolution des mammifères et la diversité biologique des ères passées.''

Un fossile d'une nouvelle espèce c'est ouf en vrai, les découvertes paléontologiques n'arretent pas